Estimios Estimer mon bien

Accueil/Le blog/Rénopack wallon : jusqu’à 37 500 € de travaux effacés

Rénopack : ce que la réforme du 1er octobre change à la valeur des maisons G, F et E en Wallonie

22 septembre 2026

Rénopack : ce que la réforme du 1er octobre change à la valeur des maisons G, F et E en Wallonie
Rénopack : ce que la réforme du 1er octobre change à la valeur des maisons G, F et E en Wallonie

Le 1er octobre 2026, la Wallonie tourne la page des primes Habitation. Plus de 120 aides calculées poste par poste laissent la place à deux prêts, le Rénopack et le Rénoprêt, réservés aux logements classés G, F ou E. Toute la presse explique comment obtenir ces prêts. Cet article pose une autre question, celle qui intéresse un propriétaire qui vend : que fait cette réforme à la valeur de sa maison ?

En bref

Ce qui change le 1er octobre 2026

À partir du 1er octobre 2026, la Wallonie ne subventionnera plus les travaux de rénovation énergétique un par un : elle financera un projet global, par un prêt, et uniquement pour les logements classés G, F ou E. C’est le résumé des grandes lignes du nouveau régime publiées par le Service public de Wallonie (SPW Énergie) le 17 juillet 2026.

Concrètement, trois choses changent pour un propriétaire occupant.

Le plafond d’emprunt passe à 75 000 € pour une maison unifamiliale, contre 60 000 € auparavant. Pour un appartement, il est de 60 000 € par logement. Les copropriétés peuvent emprunter pour les parties communes, jusqu’à 600 000 € (moins de 20 lots) ou 750 000 € (20 lots ou plus).

Rénopack et Rénoprêt : le barème par catégorie de revenus

Le montant de l’aide dépend désormais du ménage, et non plus seulement des travaux. Le SPW Énergie distingue quatre catégories de revenus imposables, diminués de 5 000 € par personne à charge.

CatégorieRevenus imposables du ménageProduitTauxPart non remboursée« Prime intégrée » maximale (maison, 75 000 €, écomatériaux compris)
C1jusqu’à 28 900 €Rénopack0 %50 %37 500 €
C2de 28 900,01 à 41 100 €Rénopack0 %40 %30 000 €
C3de 41 100,01 à 67 100 €Rénopack0 %15 %*11 250 €*
C4de 67 100,01 à 122 800 €Rénoprêtpréférentiel0 %0 €

Source : SPW Énergie, grandes lignes du futur régime (juillet 2026). Calcul Estimios pour la dernière colonne. *Un taux plus élevé pour cette catégorie a été évoqué dans la presse le 16 septembre, sans confirmation officielle à ce jour. Les textes n’étant pas définitifs, vérifiez le barème final auprès de la Société wallonne du Crédit social (SWCS) ou du Fonds du Logement de Wallonie.

Ces taux de 50 %, 40 % et 15 % comprennent déjà une majoration de 5 points liée à l’utilisation d’écomatériaux. Sans écomatériaux, les taux de base sont de 45 %, 35 % et 10 %, et les montants maximaux du tableau sont réduits d’autant. Les propriétaires bailleurs et les copropriétés passent par le Rénoprêt, sans réduction du capital.

Ce que pèse la prime intégrée face au prix d’une maison

Pour un ménage de catégorie C1, la part non remboursée du Rénopack peut représenter jusqu’à 17,7 % du prix moyen d’une maison dans le Hainaut, contre 7,9 % dans le Brabant wallon. Ce calcul d’Estimios rapporte la prime intégrée maximale aux prix moyens des maisons publiés par les notaires (Fednot) pour le premier semestre 2026.

ProvincePrix moyen d’une maison (S1 2026)C1 : 37 500 €C2 : 30 000 €C3 : 11 250 €
Hainaut212 409 €17,7 %14,1 %5,3 %
Liège258 688 €14,5 %11,6 %4,3 %
Namur268 222 €14,0 %11,2 %4,2 %
Luxembourg281 286 €13,3 %10,7 %4,0 %
Brabant wallon471 945 €7,9 %6,4 %2,4 %
Wallonie266 036 €14,1 %11,3 %4,2 %

Sources : Fednot, baromètre du 2e trimestre 2026 (prix moyens) ; SPW Énergie (barème). Hypothèse : projet atteignant le plafond de 75 000 €. Aide maximale théorique, écomatériaux compris. Ce rapport mesure le poids de l’aide face au prix moyen, pas une hausse de valeur. Les prix moyens portent sur toutes les maisons, quel que soit leur label ; une maison G ou F se vend en général sous la moyenne, ce qui rendrait la part réelle plus élevée.

Deux lectures s’imposent. D’abord, là où les maisons sont bon marché, l’aide pèse lourd : à Charleroi ou à Mons, une maison à rénover achetée par un jeune ménage modeste peut voir une part importante des travaux prise en charge. Ensuite, dans le Brabant wallon, l’effet sur le prix reste marginal : la réforme ne changera pas grand-chose à la négociation.

Le piège du label D

Une maison classée D n’est pas éligible au nouveau soutien énergétique ordinaire à partir du 1er octobre 2026, alors qu’elle reste loin des exigences prévues pour les décennies suivantes. C’est l’effet le moins commenté de la réforme. Des dispositifs particuliers peuvent subsister dans certaines situations.

Selon l’analyse de 497 236 certificats PEB de bâtiments résidentiels existants, établis entre 2010 et 2018, publiée par le Centre d’Études en Habitat Durable (CEHD) avec le SPW, la répartition du parc certifié était la suivante :

Label PEBPart des logements certifiés (2010-2018)Soutien à partir du 1er octobre 2026
G29,9 %Oui, si le logement atteint au moins D
F14,5 %Oui, si le logement atteint au moins D
E15,7 %Oui, si le logement atteint au moins C
D15,5 %Non
C14,0 %Non
B et mieux10,4 %Non

Source : CEHD, Performance énergétique du parc de bâtiments résidentiels en Wallonie, édition 2019. Ces données sont anciennes et portent sur le parc résidentiel existant certifié, alimenté majoritairement par les ventes et locations, et non sur l’ensemble du parc wallon. Elles donnent un ordre de grandeur.

Environ six logements certifiés sur dix sont donc éligibles. Mais un sur six environ, classé D, sort du dispositif. Or le gouvernement wallon a annoncé en décembre 2025 une obligation de rénovation pour les acheteurs : à partir de 2028, ils disposeraient de cinq ans après l’acte pour atteindre un label minimum, avec des exigences qui se renforceront ensuite vers C puis B. Ces textes ne sont pas encore définitifs.

Pour un vendeur, la conséquence est simple : une maison D risque de se retrouver dans un entre-deux. Elle n’est pas assez mauvaise pour que l’acheteur reçoive une aide, et pas assez bonne pour qu’il échappe aux travaux à moyen terme. Un acheteur informé fera ce calcul lors de sa visite.

Vendre une maison G, F ou E : un argument, pas une plus-value

La réforme n’augmente pas automatiquement la valeur d’une passoire énergétique. Elle modifie en revanche le raisonnement de certains acheteurs.

Un acheteur évalue toujours une maison à rénover de la même façon : prix d’achat, frais, coût des travaux et marge de sécurité. Le Rénopack réduit le poste « travaux » pour les ménages des catégories C1 à C3, et leur évite en plus de payer des intérêts sur cette somme, à un moment où la Banque centrale européenne vient de relever ses taux directeurs (le 10 septembre 2026). Le coût global du projet baisse donc pour eux, ce qui peut soutenir le prix qu’ils acceptent de payer.

Il existe cependant trois limites.

Ce que vous pouvez faire avant et après le 30 septembre

Si vous êtes propriétaire et que vous envisagez des travaux ou une vente, voici les points à vérifier.

  1. Consultez le label de votre certificat PEB. C’est lui qui détermine si votre maison entre dans le nouveau dispositif. Depuis le 1er septembre 2026, les nouveaux certificats wallons présentent aussi un parcours de rénovation indicatif.
  2. Si vous avez des travaux en cours selon l’ancien régime, faites-les terminer et introduisez votre demande avec la facture finale au plus tard le 30 septembre 2026. Après cette date, aucune demande n’est plus recevable. Les Rénopacks immatriculés avant le 30 septembre 2026 relèvent de dispositions transitoires : les travaux liés peuvent encore être réalisés ensuite. Les plateformes d’accompagnement indiquent que les dossiers complets introduits avant cette date restent traités selon les anciennes règles.
  3. Si votre maison est classée E, F ou G et que vous vendez, mettez en avant le Rénopack dans l’annonce et lors des visites. Un acheteur qui connaît sa catégorie de revenus peut chiffrer précisément son projet.
  4. Si votre maison est classée D, préparez vos arguments. Rassemblez les factures des travaux déjà réalisés, un devis pour les postes qui manquent, et montrez que la maison est proche du label C.
  5. Faites estimer votre bien en tenant compte de son label. Le prix d’une maison à rénover dépend du marché local : comparez avec les ventes récentes dans votre commune, par exemple sur les pages prix immobilier à Charleroi, à Liège ou à Namur.

Questions fréquentes

Le Rénopack est-il une prime ?

Non. Le Rénopack est un prêt à 0 % dont une partie n’est pas à rembourser : 50 % pour la catégorie C1, 40 % pour la C2 et 15 % pour la C3, majoration écomatériaux comprise, selon la communication du SPW Énergie de juillet 2026. C’est cette part non remboursée qui joue le rôle de prime.

Ma maison est classée D : ai-je encore droit à une aide régionale ?

Pas dans le nouveau régime, qui ne vise que les logements G, F et E. Des aides communales ou des avantages fiscaux peuvent exister ; renseignez-vous auprès de votre commune ou d’un Guichet Énergie Wallonie.

Que se passe-t-il pour une demande de prime introduite avant le 1er octobre ?

Selon les plateformes d’accompagnement wallonnes, une demande complète, facture finale comprise, portant sur des travaux réalisés et introduite au plus tard le 30 septembre 2026 est traitée selon les règles de l’ancien régime, même si la décision tombe après le 1er octobre.

Un propriétaire bailleur peut-il obtenir le Rénopack ?

Non. Les propriétaires bailleurs passent par le Rénoprêt, un prêt à taux préférentiel sans réduction du capital à rembourser.

La réforme fait-elle monter le prix des maisons énergivores ?

Pas mécaniquement. Elle réduit le coût des travaux pour les acheteurs aux revenus modestes et moyens, ce qui peut soutenir leur offre, surtout dans les provinces où les maisons sont bon marché comme le Hainaut. Pour un acheteur aux revenus plus élevés ou pour un investisseur, rien ne change.

Cet article repose sur les informations publiées jusqu’au 22 septembre 2026. Les arrêtés d’exécution du nouveau régime peuvent encore modifier certains montants ou plafonds.

Combien vaut votre bien ?

Dix questions, une fourchette, aucune inscription. L’estimation tient compte de la surface, de l’état, du PEB et de la rue.

Estimer mon bien gratuitement

Pour aller plus loin

Les prix de l’immobilier commune par commune, mesurés sur les biens réellement mis en vente — ou tous les articles.